What a wonderful world (0) - Prologue

https://www.youtube.com/watch?v=5uLEZYLkGRU

-"…………"

L'homme qui avait été un homme s'arrêta de marcher, épuisé.

Il n'avait pas mangé depuis des jours.

"………………….."

Il s'était laissé tomber sur l'herbe noircie, haletant.

La faim le faisait délirer.

"………………………."

"………………………"

"… Faim."

Tout était silencieux.

Il n'y avait pas un seul son, pas un seul signe de vie autour de lui.

Une odeur putride assaillait ses narines.

Il regarda en dessus de lui.
Une couverture complétement blanche.

Métallique. Indifférente.

"…………………"

Il arracha une touffe d'herbe et la contempla, désespéré

La dernière fois qu'il y avait touché, il avait failli mourir.

L'herbe était grise, noircie vers les bouts.  

Une horrible odeur de pourriture s'en dégageait

Il n'avait pas le choix.

Devait-il mourir de faim tout de suite? Ou quelques jours plus tard après une agonie interminable?

Il ne fit pas le choix consciemment. Il n'était plus capable de raisonner de la sorte.

Le concept d'avenir était devenu beaucoup trop vague.

Un instant, il était en train de déchirer la touffe d'herbe entre ses dents.

L'instant d'après, il était debout, alerte, et complétement immobile.

Il avait entendu un vague gémissement.

Il l'entendit une deuxième fois.

Il se mit à quatre pattes, et approcha la source du bruit.

Doucement.

Pas de gestes brusques.

Un pas après l'autre.

Il avança pendant une éternité.

Et puis il s'arrêta, pétrifié.

Il retint son souffle et contempla la chose qui gémissait.

Une créature gisait sur le sol.

Elle était entourée de pourriture.

Elle était … énorme. Titanesque.

L'homme qui avait été un homme n'a jamais rien vu de pareil.

Il estima qu'elle était aussi longue que cinq arbres déracinés placés l'un à côté de l'autre.

Elle était d'une extrême pâleur.

Il entendait sa respiration irrégulière qui brisait le silence.

Il entendait ses doux gémissements.

Elle était allongée sur son dos, paralysée.

L'homme qui avait été un homme osa s'approcher.

D'abord, Il vit ses énormes pieds.

Ensuite, Il vit ses entrailles qui s'échappaient de ce qui devait être son ventre.

Enfin, il vit ses énormes yeux de couleur de braise qui l'observaient.

Sa bouche était figée dans un large sourire qui ne montrait pas ses dents.

Périodiquement, du sang s'échappait de ses yeux, et elle poussait un gémissement.

Et avec chaque gémissement, son corps s'ouvrait, laissant couler ses organes sur l'herbe grise.

"…………….."

L'homme qui fut un homme reconnaissait parfaitement la senteur de la mort.

C'était tout ce qu'il a toujours connu.

Il savait que la créature poussait ses derniers soupirs.

Alors il attendit, immobile.

Il regardait les yeux rieurs de la créature qui l'observaient.

"…………"

"…………"

Il ne pouvait plus attendre.

Il savait que la créature n'aurait jamais la force de le repousser.

Un mouvement brusque.

Et puis, il était sur son corps.

Il dévorait ses entrailles à coups de dent.

La senteur du sang engloutissait ses sens.

Il utilisait ses mains et ses dents pour arracher les tripes de son corps.

Il s'empiffrait, arrachant brutalement la chair et laissant le sang couler sur ses lèvres.

Entre deux bouchées, son regard croisait parfois celui de la géante.

Ses yeux rouges suivaient chacun des mouvements de l'homme qui avait était un homme.

Son sourire était toujours figé sur ses lèvres pâles.

Tiraillé par la famine depuis des mois, il s'empiffrait encore et encore, arrachant organe après organe du corps de la géante.

Et puis, il n'y eut plus que ses dents.

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