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Affichage des articles du 2019

Weep for me

La vieille Toyota poussa un hurlement strident, protesta par un toussotement accentué, et démarra finalement après une lutte acharnée contre Spike qui faisait tourner le moteur sans répit. La seule chose moderne à propos de l’énorme machine était la radio que Spike avait installé lui-même. Il regarda fièrement le fruit de ses efforts : Il avait même eu la souplesse de rajouter un Aux Cord, branché directement à son téléphone. Spike aimait beaucoup écouter les mêmes albums de jazz en boucle lorsqu’il conduisait. Entre les embouteillages interminables et les tendances suicidaires des petits taxis, sa nouvelle radio était la seule chose qui arrivait à lui calmer les nerfs.              C’était encore une journée insupportablement chaude. Depuis quelques jours, la température n’avait pas chuté de 42°C, et Spike, arrivé à une intersection où une énorme file de voitures attendait le feu vert, regarda avec pitié les gamin...

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« A l’époque, je travaillais en noir dans une usine de ciment, pendant le week-end et les jours fériés. Je devais avoir 17 ou 18 ans. Le travail était assez répétitif, et je me trouvais souvent seul pendant des heures, en train de vérifier des inventaires ou de transporter des choses. Bon. Un jour, j’avais travaillé beaucoup plus longtemps que d’habitude. J’étais très fatigué, et je me sentais surtout très seul. Probablement la solitude la plus aigüe que j’avais jamais ressentie. Il faut savoir que l’usine se trouvait à plus de 20km de mon domicile, et que, si je ne voulais pas me taper ça à pied, à 21h du soir, pendant une soirée d’hiver, j’avais deux options : Soit je prenais un bus, soit un grand taxi. Mais oui, j’y arrive, sois patient. Les bus étaient pratiquement une légende urbaine à ce stage : Tout le monde en parlait, mais j’avais l’impression que personne n’en avait vu un. En tout cas, je n’avais jamais vu un bus traverser cette route, et même les plus optimist...